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Les Compagnons du Devoir, une formation d'excellence

Publié le 09/10/2017 par Edouard, lestoitures.fr

A l’occasion des Journées du Patrimoine, présentation d’un institut de formation original, héritier d’une tradition pluri-séculaire, attaché au patrimoine mais aussi avide d’innovations : Les Compagnons du Devoir et du Tour de France. Rencontre avec Guillaume Bailly, responsable de l’institut de la couverture au sein de l’association.

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Réalisation d’un épi de faitage en zinc par des Compagnons du Devoir itinérants lors de leur Tour de France (Crédit photo : © Thierry Caron / Divergence)

Lestoitures.fr : Pouvez-vous nous présenter votre association, les Compagnons du Devoir et du Tour de France ?

Guillaume Bailly : Notre association, reconnue d’utilité publique, est née en 1941 avec l’ambition de préserver l’esprit des anciens corps de métiers : la transmission des savoirs, l’accompagnement des nouveaux stagiaires par les anciens et la sauvegarde des connaissances. On relève les premières traces du Compagnonnage à l’époque des cathédrales gothiques, au XIIIème siècle, où l’on retrouve les premières expériences de « voyage » à travers la France pour les ouvriers. En novembre 2010, le Compagnonnage a été reconnu patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO. Aujourd’hui, ce sont pas moins de 30 métiers d’excellence qui sont enseignés au sein de l’association avec 3000 itinérants sur le tour de France et plus de 6000 apprentis en formation.

Quelle est la particularité de la formation dispensée par les Compagnons du Devoir ?

G. B. : La particularité de notre formation est d’allier l’apprentissage de terrain des métiers manuels, notamment des anciennes techniques, et l’appel aux technologies les plus modernes (maquette numérique, informatique). Le Tour de France proposé par les Compagnons du Devoir est aussi un moyen d’explorer le monde et des techniques locales, que ce soit la lauze (couverture en pierre) en Aveyron, le chaume en Camargue ou encore le tavaillon (bardeau de bois) en Savoie. A travers celui-ci, nous proposons aujourd’hui, en couverture, 1 parcours de formation incluant 3 diplômes :

  • Le CAP avec près de 300 apprentis couvreurs qui rentrent chaque année
  • Le Brevet Professionnel
  • Le DEUST (ancien BTS)

Ce parcours est actuellement composé de près de 200 jeunes couvreurs qui sont en route vers une formation supérieure et qui effectuent leur Tour de France. Ils sont alors appelés « Aspirant ». Tradition issue du Moyen-Âge, les aspirants doivent l’accomplir en plusieurs années (5 ans en moyenne) pour obtenir le titre de Compagnon. Ils font des étapes de 6 mois dans les entreprises partenaires, en France et à l’étranger, pour acquérir les savoirs nécessaires à leur métier.

C’est une Grande École des Hommes de métiers en Compagnonnage qui pourrait voir le jour prochainement sous la houlette de l’association. Développé en partenariat avec le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), ce projet, qui répond à la demande de secteurs en plein recrutement, vise à attirer de jeunes bacheliers afin de les préparer à l’obtention de nouveaux diplômes d’État.

Quel est le rôle de l’institut des métiers, et en particulier celui de la couverture ?

G. B. : L’institut supérieur de la couverture, qui regroupe les techniques de couverture, de bardage et d’étanchéité a quatre missions principales :

  • Garantir la pertinence et l’expertise de la formation professionnelle proposée par l’Association,
  • Accueillir, accompagner et conseiller les jeunes tout au long de leur formation
  • Connaître les dernières innovations par le biais d’une cellule de réflexion et de veille technologique. Animée par d’anciens élèves compagnons, la cellule “Devenir des Métiers” est constituée de professionnels qui effectuent une veille technologique à un niveau international, permettant ainsi d’adapter sans cesse la formation des métiers aux évolutions technologiques.
  • Développer les partenariats avec les entreprises et les acteurs institutionnels afin de multiplier les débouchés, attirer de nouveaux étudiants et défendre les intérêts du secteur.

Notre perception du toit a-t-elle changé comparée à celle que nous avions il y a 20 ans ?

G. B. : L’usage du toit a fortement évolué ces dernières décennies. Le toit est devenu un vrai lieu de vie et un environnement où on peut se retrouver : balcons, terrasses, etc. Rendre accessible cette partie de l’habitation au grand public pose des défis concrets aux professionnels de la toiture. Les toitures plates propices aux terrasses soulèvent des questions d’étanchéité mais aussi de mise en sécurité de ces nouveaux espaces de vie. Enfin la toiture est devenu un lieu d’innovations technologiques avec les nouvelles thématiques énergétiques comme l’isolation où l’ajdjonction de sources d’énergie propres comme les panneaux solaires. C’est à l’ensemble de ces défis que nous devons répondre en conservant notre traditions.

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La maison des Compagnons du devoir de Nantes et sa flèche torse (Crédit photo : © Thierry Caron / Divergence)